Le plafond de verre : S’affranchir de ses freins en 8 points

S’affranchir de ses freins en 8 points

« En dehors de quelques stars féminines qui sont moins d’une douzaine, le plafond de verre est une réalité et il y a 1001 raisons d’écarter une candidature femme, quelles que soient ses compétences, quand elle n’est ni connue, ni sous les radars. Aujourd’hui, les propositions de quotas paraissent de nature à briser le tabou qui règne en France. » Guillaume Pepy, Président SNCF

Le plafond de verre est une expression apparue aux Etats-Unis à la fin des années 1970 et désigne les « freins invisibles » à la promotion des femmes à des postes élevés dans des structures hiérarchiques professionnelles. Il constitue l’ensemble des obstacles qu’une femme peut rencontrer dans l’évolution de sa carrière professionnelle et limite leur accès à des postes à haute responsabilité.

ed8d52b3-4282-4f57-9028-1a43aa230e36

 

En France la loi Copé-Zimmermann du 27 janvier 2011 instaure progressivement d’ici 2017 la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance des sociétés cotées et des plus grandes sociétés non cotées.

La loi pour la participation égalitaire des femmes et des hommes à des postes de direction dans le secteur privé et public en Allemagne, oblige les conseils d’administration depuis le 1er Janvier 2016 à un quota de 30% de femmes dans les sociétés cotées en bourse en l’occurrence.


6588df66-45ba-4e88-bc51-c349a85b7b1e


Mais certaines entreprises l’ont déjà compris : avoir une – ou mieux encore – plusieurs femmes dans leur Conseil d’Administration, au sein de la Direction ou à des postes de cadres et managers leur apporte une ouverture d’esprit et d’analyse, une mixité dans la réflexion que les hommes entre eux n’ont pas.

Or ces postes restent encore difficiles d’accès pour les femmes qui ont envie de se hisser au sommet de la hiérarchie de leur entreprise.

Au fil des études qui ont été menées en France, en Europe et aux Etats-Unis, les femmes qui ont réussies à briser le plafond de verre se sont heurtées principalement aux problèmes suivants :

  • Un manque de confiance en elles
  • Elles ne trouvent pas de modèle féminin dans la hiérarchie de leur entreprise
  • Elles sont dans l’incapacité à tisser un réseau dans l’entreprise par manque de temps
  • Elles sont encore trop souvent chargées de tâches ménagères et de l’éducation des enfants, et nourrissent la culpabilité de passer trop de temps au travail
  • Elles sont enclines à refuser la mobilité géographique

Et elles se sont affranchies de leurs freins, voilà comment en 8 points :


796dedf2-7636-4e35-8962-39f79609f808


Ayez du culot et des arguments

Beaucoup de femmes diront qu’elles n’osent pas avoir de culot parce qu’elles craignent la perception et le regard des autres.

Les femmes cadres sont formées au leadership et se font coacher, et dans ces formations on leur demande entre autre de faire preuve d’audace, de prendre la parole en groupe ou en public et de formuler des demandes audacieuses. Et lorsqu’elles le font, elles sont pénalisées. Souvent la gente masculine – déjà bien installée dans la hiérarchie de l’entreprise – les perçoivent comme trop arrogantes et trop agressives.

A cela s’ajoute le dialogue que les femmes entretiennent avec elles-mêmes. Le fameux questionnement féminin qui fait qu’elles peuvent avoir de brillantes idées mais passent ensuite le reste du temps à se poser une multitude de questions : « Oh, je ne sais pas trop, dois-je vraiment essayer, c’est pas sûr que ça va marcher, en suis-je vraiment capable, etc… »

Alors comment faut-il mettre en pratique le culot ?

Tout est dans la manière de présenter votre idée. Si vous la présentez en l’axant autour de vous, elle peut être perçue comme si vous revendiquiez quelque chose, ou pire que vous vous plaignez.

Présentez votre idée plutôt comme un gain pour l’entreprise et l’écoute va changer. Il s’agit de « nous » et non pas de vous : « J’ai une idée qui s’inscrit dans la stratégie de l’entreprise et nous rapportera…. ».

 


7f29a090-2190-4190-be4f-2acb21f0416e


 

Faites de l’auto-promotion

Beaucoup de femmes se sentent mal à l’aise lorsqu’il s’agit de se promouvoir, car elles ne veulent pas se vanter ou se mettre trop en avant.

Il y a une différence fondamentale entre la façon dont se présente un homme et la façon dont se présente une femme. Les hommes diront : « je suis ceci…, j’ai réalisé cela… ». Ils vous donnent leur « elevator pitch », leur argumentaire éclair. Si les hommes en font de trop, les femmes n’en font pas assez !

C’est pareil lors d’un entretien : les femmes pensent que leur CV est éloquent en soi surtout quand elles ont passé beaucoup de temps à le faire. Elles pensent ne pas devoir donner plus d’explications ou de détails dans l’entretien et se focalisent plutôt sur la relation avec leur interlocuteur que de consolider ce qu’elles ont dit dans leur CV. En plus, elles n’aiment pas trop dire « je » pour justement ne pas trop se mettre en avant et préfèrent dire « nous ».

Alors oui, même si vous avez réalisé un succès en équipe, rappelez-vous que ce succès, c’est aussi votre succès, et que ce succès compte. Donc, soyez fières de vos réalisations, et dites-le ! … Il s’agit de reconnaître votre travail et votre réussite.

Aussi parce que les hommes sont sélectionnés et promus en fonction de leur potentiel et les femmes sur la base de ce qu’elles ont réalisé. Sentez-vous à l’aise de faire de l’auto-promotion, même si vous vous demandez « J’en fais pas un peu trop là ? »… Faites-le quand même !

 


e0f4ad62-ac62-4089-bb1a-151cda62afe7


Faites-vous coacher …

… Et ne soyez pas trop dures avec vous-même.

Le recours à un coach permet de progresser sur soi et dans ses comportements. Il a été largement identifié que certaines attitudes des femmes sont des freins à leur progression, comme le complexe de l’imposteur ou la dévalorisation.

Certaines d’entre vous se rappellent peut-être avoir refusé un poste à responsabilité ou une promotion, parce qu’elles ont estimé ne pas être à la hauteur.

La prochaine fois que vous doutez, que vous êtes trop dures avec vous-même, dites vous tout simplement : « Merci cerveau de partager ces craintes ». Et laissez passer ces craintes qui vous limitent. C’est fatigant de s’inquiéter sans arrêt, surtout pour des choses qui ont eu lieu dans le passé et que vous ne pouvez de toute manière plus changer. Lâchez prise et passez à autre chose !

 


399cce17-ca1c-45b1-b152-a9c05c618f5d


Faites-vous repérer

Les femmes sont plutôt loyales envers leur entreprise et leur patron et pensent qu’en travaillant suffisamment longtemps et suffisamment dur on va les voir et les remarquer pour leur excellent travail. Et on ne vous remarquera pas !

Vous pouvez devenir indispensable mais invisible ! Beaucoup de femmes sont fatiguées et frustrées de se battre sans relâche en se disant : « Je leur ai donné tout ce que j’avais et pourtant ce n’est pas reconnu, c’est mon collègue qui a été promus ».

Vous devez vous faire repérer en interne et en externe puis faire fructifier votre capital image. Selon une récente étude publiée par Deloitte, plus de la moitié des groupes du CAC 40 ont mis en place des réseaux internes visant notamment à un meilleur repérage de leur potentiel féminin dans le cadre des initiatives en faveur de l’égalité professionnelle.

Le repérage externe, en l’occurrence dans les cabinets de recrutement est en progression et conduit à la mise en concurrence et à l’application de la technique de CV de femmes.

« Il n’y a pas de forte demande des clients de féminisation des shortlists, mais on sent une prise de conscience graduelle, on s’intéresse plus aux success stories féminines. … Ce qu’il faut, ce sont des modèles, des success stories féminines auxquelles les jeunes hauts potentiels peuvent s’identifier. Ces role modells sont la clé de la motivation des femmes à viser plus haut. » Anne Raphaël, Cabinet Boyden

 


039ef4d7-88bb-431f-9cc3-58e18bfa5b1d


Développez votre notoriété dans les médias

Tâchez d’avoir quelques apparitions pertinentes dans les médias. Construire sa notoriété de manière pérenne et positive, paraître claire et pédagogique sont des éléments primordiaux pour la construction de son image et constitue un excellent entrainement pour la prise de parole en public.

Tenez votre pressbook à jour avec vos récents articles, vos interventions, vos blogs, votre CV et votre photo.
Positionnez-vous comme experte dans un domaine et prenez la parole régulièrement.

Faites la différence entre un travail de routine et la notoriété

Souvent les femmes prennent le travail qui reste après que les hommes se soient servis.

Sachez distinguer les projets de gestion des projets de leadership. Les femmes ont tendance à prendre en charge des projets qui vont au-delà de leurs responsabilités, mais elles finissent par être « que » les exécutantes et non pas celles qui dirigent le projet.

Prenons l’exemple de l’organisation d’une conférence pour un client. La plupart du temps les femmes jouent un rôle en arrière plan : elles prennent le projet en charge, s’occupent de toute l’organisation, trouvent des conférenciers, des sponsors, établissent le budget, etc… Mais elles n’auront pas le premier rôle, à savoir celui qui se joue sur scène, comme l’animation de l’événement en l’occurrence, ce qui les rendrait visibles ! Elles vont rester en backstage.

Soyez vigilantes dans les projets que l’on vous propose, assurez-vous de connaître votre rôle et d’être en première ligne.

 


627e158d-cb17-4c3e-9e67-7c6492066677


Sachez utiliser les réseaux sociaux de manière stratégique

La majorité de l’information composant la réputation d’un dirigeant est publiée par d’autres et le risque d’éléments négatifs s’accroit avec le niveau de responsabilité et d’exposition.

Mettez une veille en place qui analyse de manière pertinente votre identité numérique, afin d’avoir une grande clarté de ce que la toile dit de vous, de vos relations, de votre domaine d’expertise, de vos pairs, de vos compétiteurs, etc..

Google offre un certain nombre d’outils gratuits et efficaces (Google Alertes, Google News, Google Blog Search..). Sinon, vous avez des veilles sur Twitter, Facebook, LinkedIn, Viadeo, etc..

Et fixez les objectifs de votre présence en ligne comme par exemple la construction d’une e-réputation. Sachez que l’identité numérique devra être cohérente avec votre image de marque personnelle et professionnelle dans la vie réelle.

« Les réseaux féminins sont plus solides que les réseaux masculins, et ce sont de vrais vecteurs de changement. » Anne Raphaël, Cabinet Boyden

Gardez le cap lors de négociations difficiles

Est-ce parce que les femmes sont naturellement dans le consensus et cherchent instinctivement une solution à l’amiable ou est-ce parce qu’elles sont opposées au conflit ?

Pour la plupart des femmes c’est les deux. Dans le conflit avec la direction et les dirigeants elles préfèrent revoir leur argumentaire et collaborer au lieu d’aller dans une situation de « gagnant-perdant ». Lorsque vous collaborez, vous pliez et cédez. L’idée serait de garder le cap pendant quelque temps et de voir ce qui se passe.

La plupart des femmes préfèrent négocier et trouver une entente qui convienne aux deux parties, une solution « gagnant-gagnant ». Elles aiment adopter un comportement transparent, dire les choses ouvertement et parvenir collectivement à un consensus. Bien que ce soit une excellente approche de négociation, elles se heurtent trop souvent au comportement du mâle alpha qui monte le ton, tourne des yeux …

Les femmes sont d’excellentes négociatrices mais elles ont tendance à le faire différemment. Elles sont meilleures que les hommes lorsqu’elles négocient pour les autres, mais nettement moins bonnes lorsqu’elles le font pour elle même.

Vous savez comment le faire et franchissez le mur du son pour les autres, alors faites-le pour vous même !

Et faites vous plaisir !